Last updated on 28 mai 2025
« La plus belle collection de voitures du monde », rien que cela ! C’est ainsi qu’est présenté cet incroyable ensemble de 450 voitures d’exception du Musée National de l’Automobile de Mulhouse. Prêt à découvrir la grande histoire de l’automobile ?
Cela fait des années que nous avons le projet, mon beau-père et moi, d’aller visiter ce Musée National de l’Automobile de Mulhouse. Il faut dire que la réputation de la Collection Schlumpf n’est plus à faire. Mais Mulhouse c’est bien loin de mon Limousin… aussi, nos vacances en famille en terres alsaciennes nous offrent l’opportunité idéale !
Si mon beau père souhaite avant-tout satisfaire sa curiosité, pour ma part j’espère être surpris par quelques pépites au milieu d’innombrables voitures anciennes, voire très anciennes, pour lesquelles je n’ai qu’un attrait limité. Suspense !
L’histoire de la Collection Schlumpf
Installée dans une ancienne filature, il nous faut traverser d’immenses couloirs à l’impressionnante hauteur sous plafond avant d’entrer dans le vif du sujet.
La visite commence par une petite pièce, décorée façon boudoir, permettant de mieux faire connaissance avec l’histoire de la Collection Schlumpf. Un film évoque ces deux frères passionnés d’automobiles ayant fait fortune dans l’industrie textile au milieu du XXème siècle. En parallèle, et en secret, ils ont amassé des centaines de voitures illustrant toute l’histoire de l’automobile avec un intérêt tout particulier pour les Bugatti, produites dans le village voisin de Molsheim.
Le sport automobile et Ferrari occuperont une place importante également parmi les voitures convoitées par les frères Schlumpf jusqu’au milieu des ’70s comme en témoigne cette Formule 1 Ferrari 312B ’70 ex-Jackie Ickx et Mario Andretti.



Conséquence, entre autres, de la crise pétrolière, l’entreprise connait de grandes difficultés et doit licencier en masse en ’76. Dans ce contexte, la découverte de l’ampleur de leur « trésor » fait l’effet d’une bombe. Hans et Fritz Schlumpf durent s’expatrier en Suisse, le musée est occupé par les syndicats durant 2 ans et la collection est mise sous scellés. Les voitures furent rapidement classées au titre des monuments historiques pour éviter tout démantèlement. En parallèle des nombreux épisodes judiciaires jusqu’en 1989, la collection est ouverte au public tel que le désirait les deux frères Schlumpf. Plus d’infos sur le site du musée.
Expo « Les Légendes du Rallye »
Le hasard faisant bien les choses, ce dimanche 3 Mars était la dernier jour de l’exposition « Les légendes du Rallyes« . Thématique qui me parle particulièrement, mises en scène magnifiques, modèles emblématiques… Je me suis régalé !





J’avais prévu un départ à 12h pour la suite de la journée. Il est 11h40, et je n’ai pas encore posé les yeux sur les près de 450 voitures qui composent la Collection Schlumpf… il va falloir faire des choix et shooter plus vite que mon ombre !
Hall « Course Automobile »
Aux grand maux les grands remèdes. On oublie le sens officiel de la visite et direction le hall « Course Automobile » qui m’intéresse le plus ! Ce n’est pas la foule des grands jours en ce dimanche matin. En plus de faciliter les photos, cela donne une atmosphère un peu solennelle, bien en phase avec l’histoire de cette collection si longtemps restée secrète.


Je réalise que nous faisons ainsi la visite complètement à contre-sens. Du coup, on attaque par les modèles les plus récents pour finir par les ancêtres… enfin si on a le temps !
L’histoire de la F1
Ahh la Formule 1, mon péché mignon ! D’ailleurs, j’en avais fait un article spécifique durant la période Covid : La F1, Ferrari, Schumi & Moi (Lire l’article). Donc priorité logique aux monoplaces, moins nombreuses que d’habitude mais disposées de façon plus appropriée pour les photos !

On passe ensuite aux ’90s. Des monoplaces encore relativement simples, à l’aéro somme toute minimaliste mais qui devenait de plus en plus technologique : boite séquentielle, suspension active, anti-patinage plus ou moins légal …




Dans la F1 des ’90s, les « petites » écuries avaient encore l’opportunité de faire quelques coups d’éclat. La fiabilité n’était pas encore ce qu’elle est aujourd’hui, apportant un peu plus de suspense !


Nouveau grand bon dans le temps avec les cigares des ’60s, les premières Formule 1 avec le moteur central arrière.
Le second espace Formule 1 – les plus anciennes avec leurs moteurs à l’avant – retrouve la disposition traditionnelle façon grille de départ. Un match Italie (Ferrari, Maserati, Alfa Romeo…) / France (Gordini, Bugatti, Talbo Lago…) à en croire les couleurs des monoplaces. Un bel ensemble !



Le Mans, évidemment !
Retour au début de ce hall pour détailler les voitures d’endurance. La fresque en arrière plan fait illusion et on se croirait presque sur la grille de départ des 24h du Mans ! Audi, l’ogre de ce début de siècle avec avec 13 victoires entre 2000 et 2014, est représentée avec la présence exceptionnelle de deux R18. Ce sont les derniers prototypes de la marque avant de laisser seul le cousin Porsche.

Le franchissement de la ligne de départ nous fait reculer de près de 4 décennies. Dommage car, à l’instar de la partie F1, j’aurais bien vu quelques protos ou GT des ’90s !




Hors série !
La thématique « Endurance » est un peu moins évidente pour les modèles qui suivent. Bien entendu, la Ferrari 250 LM s’est illustrée aux 24h du Mans avec notamment une victoire en ’65. Un exemplaire vendue début Février 34.8 Millions d’euros en marge du Salon Rétromobile de Paris. Toutefois, la 250LM présentée ici n’a fait que quelques courses en Scandinavie avant d’être adaptée à une utilisation routière et finalement rejoindre la collection en ’67.



Grand prix d’Avant-guerre
Si le Championnat du Monde de Formule 1 fut créé en 1950, les Grand Prix d’avant-guerre étaient tout aussi prestigieux avec des autos aussi puissantes qu’éprouvantes à piloter !

Ce hall se conclut par un magnifique duo de flèches d’argent. Au premier plan, une Mercedes W125 de 1937 motorisée par un énorme V8 de 5.6l à compresseur : plus de 600ch et moins de 750kg… le tout sur des roues de vélo ! A l’arrière plan, nouvelle réglementation oblige, la W154 est mue par un V12 de 3l de cylindrée et un peu moins de 500ch.

Le royaume de Bugatti
On passe maintenant à un nouvel espace particulièrement élégant. On retrouve ici essentiellement des Bugatti de courses des ’20s et ’30s. Obsédés par les voitures fabriquées à Molsheim, les frères Schlumpf en ont acquis plus de 120 au début des ’60s. Même si je ne suis pas spécialement friand de ce type d’autos, un tel rassemblement d’exemplaires authentiques est assez fascinant… et surtout unique au monde !



Un zeste de rallye
Changement complet de décor avec deux modèles de rallye pour conclure ce hall « Course automobile ».

L’ Aventure automobile
Prochaine étape : les modèles de série. On commence par le petit espace dédié à la Bugatti Veyron, modèle iconique de la renaissance de Bugatti présenté au Mondial de Paris 2000. Moteur W16 quadri-turbo, 1001 ch, 408 km/h… la première hypercar de l’histoire est née !

Nous entrons désormais dans le cœur de la collection, un immense espace de 17000m2 nommé « L’aventure automobile ». Aucune cloison, verrières au plafond, miroirs aux murs, des centaines de lampadaires identiques à ceux du pont Alexandre III de Paris, voitures exposées sur des gravillons lavés… l’ambiance est unique !


L’heure tourne et l’étau se resserre. Il nous reste plus de 200 modèles à admirer et photographier en quelques minutes… c’est perdu d’avance. Alors on se promène avec mon beau-père en évoquant ses souvenirs d’enfance à bord de la Citroën Traction de son père, ses premières voitures avec la Renault Dauphine ou son envie d’acheter une Citroën 2CV pour retrouver le charme de cette époque. Un beau moment de partage entre générations.

Au centre de cet immense hall, on retrouve un espace de réalité virtuelle où il est possible de s’exercer au changement de roue d’une F1. Y sont également exposées une Alpine A110 décorée par l’artiste Felipe Pantone avec une livrée géométrique aux antipodes de celle de la Bugatti Grand Sport Vitesse du Youtubeur POG !



Les chefs d’œuvre des ’30s
Il est temps de conclure cette visite par le hall des « Chefs d’œuvre » où sont rassemblés les modèles les plus prestigieux des ’30s. Bien entendu, les Bugatti sont présentes en nombre pour célébrer le luxe et l’élégance à la française !

Coup de fil de ma compagne qui me rappelle de ne pas oublier de manger : elle me connait, je saute facilement la pause déjeuner pour profiter des voitures mais son père n’est peut-être pas du même avis ! Mais impossible de quitter cette salle en travaux sans immortaliser la Bugatti Royale qui trône sur son estrade. Cet exemplaire Coupé Napoléon de 1929 fut la voiture personnelle d’Ettore Bugatti et la première des 6 Royale construites.


Retour à la case départ dans cet immense couloir aux impressionnants volumes. Là, nous retrouvons une autre lignée de Bugatti célèbres avec les Atalante des ’30s. Aux côtés des 3 magnifiques exemplaires, un châssis nu et des éléments de carrosserie sont offerts à la vue du public qui pourra ainsi admirer le travail des artisans carrossiers, selliers et sculpteurs de cette époque.



Un merveilleux voyage dans le temps
Notre visite aura finalement duré plus longtemps que je ne l’avais prévu : 2h45, dont la moitié pour les « Légendes du rallye », c’est vraiment le minimum syndical. Les lieux et la mise en scène, quasiment inchangés depuis la création du musée par les frères Schlumpf, respirent l’authenticité. Bien que très différents sur la forme, je trouve que ce Musée National de l’Automobile de Mulhouse ressemble beaucoup, sur le fond, au Manoir de l’Automobile de Lohéac (lire l’article) : des centaines de modèles acquis par d’immenses passionnés et retraçant la grande histoire de l’automobile.
Après un rapide déjeuner à la cafétéria du musée, c’est avec 1h de retard sur mon planning que nous prenons la route en direction du Museum Art & Cars de Singen, en Allemagne. Mais ça, c’est une autre histoire !
Sources : Le site Fauto-graphy offre un aperçu exhaustif de la collection tandis que les 3 reportages d' Arthomobiles regorgent d'informations historiques sur les modèles exposés. Je vous recommande leur lecture si vous souhaitez aller plus loin dans la découverte de cette collection unique au monde.
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Ça a bien schlumpfé depuis ma dernière visite qui certes date un peu. Belle mise en valeur des F1!Et les photos sont schlumpfement belles !
Merci pour les photos ! 📸 J’ai pu voir différentes configurations du musée au travers des années lors de mes recherches. Certains modèles bougent un peu, d’autres arrivent ou repartent au gré des accords avec d’autres musées. Les expos temporaires sont de bons prétextes pour renouveler sa visite 😉 Et le hall des chefs d’œuvre est en pleine rénovation.
Extraordinaire musée !! Ta maitrise photographique lui rend un hommage à la hauteur de son exception dans le monde automobile.
Merci ! 🙏 La plupart des photos sont faites avec le trépied et la visée à l’écran. Cela aide à mieux visualiser le résultat avant de déclencher et obtenir des compositions plus réfléchies. L’écran orientable offre aussi des possibilités de cadrage plus originales 😉
J’espère que cet article ne fera pas un bide…il mérite tellement d’être vu et lu ! Les photos sont somptueuses. Et les F1 des 90s, ex Schumi et ex Prost tellement sobres et classes 😍😍
J’espère aussi que cet article trouvera son public. Les musées ça ne passionne pas trop sur le moment, mais ce sont ces écrits plus durables que les compte rendus d’événements. En tout cas merci pour les compliments ! 🤩 Concernant les F1 des ’90s, je regrette l’absence de la Prost JS45 ’97 de Panis qui est habituellement exposée. 😭
C’est beau. Souvenir de la visite avec mon père il y a déjà quelques années. Apparemment tu n’as rien perdu de tes prédispositions à la photo en te décalant vers l’est. C’est de bonne augure pour cet été !
Merci ! 😉 Assez incroyable que finalement j’aille 2 fois dans l’Est cette année en effet !😅 La région semble vraiment sympa, on verra ça plus en détails cet été avec le Speedy et les copains ! 🔥
Très belles photos, texte intéressant et bravo pour avoir légendé la plupart des photos, c’est rare !Grosse évolution du musée depuis ma dernière visite du musée, il y a plus de 20 ans.
Merci Patrick !! 🙏Les légendes me semblent vraiment nécessaires pour bien apprécier l’intérêt de chaque modèle dans une visite de musée, même si ça demande pas mal de recherches 😅 Le musée a surtout beaucoup évolué en 2006 il me semble 😉
Je ne connaissais pas, il y a du choix, c’est vraiment très varié !J’aime bien voir les très très très vieilles voitures, je me demande toujours comment se sont passés les débuts, comment les gens ont pu monter dedans et ce que les gens en pensaient, sûrement de la peur au début ! 😀
Ils étaient soit fous, soit inconscients, pas d’autres explications ! En tout cas c’étaient de vrais aventuriers !
J’ai eu le plaisir de dédicacer à plusieurs reprises au Musée. Ça reste une émotion renouvelée, surtout en fonction des expositions temporaires (collection Régis Mathieu , lustres et voitures en 2018, ou Bugatti Ettore, Carlo et Rembrandt en 2019). Petite remarque sur la Porsche 908 LH #60, en 1968 et 1972 elle a fini 3e, pas 2e. Entretemps elle a fait partie de la collection de Jo Siffert et a tourné dans le film « Le Mans ». Nous avons raconté son histoire dans la BD sur Siffert, mais aussi dans la BD sur François Cevert qui sort aujourd’hui. En effet en 1972 elle termine avec Josette, Casoni et Weber, derrière la Matra de Cevert et Ganley.
Merci Michel pour la correction 🙏 Et merci également pour ces compléments d’infos concernant son histoire 🤩 Enfin, encore bravo pour le finalisation de l’ouvrage dédié à François Cevert ! 👏
Tellement de visites dans ce lieu pour moi, depuis 1994, et le privilège d’y avoir dédicacé plusieurs fois mes ouvrages. D’avoir également vu les ateliers et les réserves. Des expositions thématiques d’exception comme la collection du prestigieux lustrier Régis Mathieu en 2018 ou le triplé Ettore, Carlo et Rembrandt Bugatti en 2019. Émerveillement à chaque fois, avec pourtant le plaisir quasi-enfantin de regarder les longues vitrines des mascottes de radiateurs, chefs-d’œuvre d’art et d’inventivité… Et bien sûr l’allée des moteurs Bugatti, désarmants de simplicité.
Un privilège amplement mérité mon cher Michel !😉 Chacun ses coups de cœur et il y a vraiment de quoi y passer du temps si l’on s’attarde sur tous les objets ! 🤩
Quelle superbe visite commentée du musée SCHLUMPF !Comme d’habitude du grand art. 👍
Merci beaucoup Claude pour ces vifs encouragements ! 🙏
Merci pour ce superbe article qui aurait sa place dans les meilleurs magasines! De la qualité rien de de la qualité ! Bravo!
Merci à toi Axel ! Le papier c’est encore autre chose, les contraintes de place, de choix encore plus draconien des photos, et surtout un vrai objet en main. 20 ans de lecture assidue de Sport Auto ne sont pas étranger à mon envie d’associer texte et photos ! 🙃
Magnifique présentation de cette collection que de trésors endormis
Merci !! 🙏 Il y a effectivement un peu cette notion de temps qui s’est arrêté, bien vu ! 🙂